Écrire cet article, alors que cela fait plus d’un an que nous y étions, replonger dans les photos et vidéos fait prendre conscience qu’il est plus que nécessaire de poser en introduction, les mots justes sur ce que nous y avons ressenti et vécu.

Bali n’est plus l’île paradisiaque que les voyageurs ont pu connaître il y a 10 ans. Nous n’avions pas d’idées préconçues sur cette petite île d’Indonésie. Au départ, Bali aurait dû être notre dernière destination de voyage, pour profiter de son calme et nous reposer avant de rentrer ! Mais il en fut tout autrement. Située parfaitement entre l’Océanie et l’Asie du Sud-Est, nous avons décidé de poser nos valises pour 2 mois avant d’arriver au Vietnam. Il nous aura fallu plus de 15 jours pour nous acclimater à peu près à TOUT ! Nous avons été sonnés par la moiteur, l’ambiance, la saleté, le bruit, les vendeurs pot-de-colle, la chaleur et l’insistance des taxis. En ce 18 janvier 2019 au soir, nous avons découvert l’Indonésie. Selamat Pagi ! (‘bonjour’ en indonésien)

fleur de frangipanier à Bali
Fleur de frangipanier. Présente partout dans la nature, nos chambres, nos plats, elle embaume nos journées. Son parfum est tellement agréable que l’on en cueillait pour en placer proche de nos têtes de lit !


Le choc

Quand nous racontons notre début de séjour sur l’île des Dieux, comme elle est surnommée, c’est souvent le récit sur la grosse claque que nous avons ressentie. Comment Bali peut-elle être uniquement synonyme de beauté, de calme et de yoga ? On parle trop peu de l’envers du décor. Même si, depuis notre voyage, nous rencontrons de plus en plus de voyageurs, qui comme nous, ont été déçus et partagent leur expérience, voir même, ont finalement fait le choix de ne pas y retourner.

Bali est sale !
Bali est pourri par le tourisme de masse à certains endroits, elle vomit le plastique de toute part, sur terre et dans la mer. La faute me semble totalement partagée : d’un côté, les touristes qui viennent s’offrir des séjours ‘all inclusive’ qui incitent à la surconsommation, à la surconstruction de complexes hôteliers toujours plus luxueux, énergivores, et de l’autre, la plupart des balinais qui n’ont absolument pas pris conscience de l’urgence d’agir, qui vivent modestement et sont asservis par le tourisme. Leurs offrandes quotidiennes sont bourrées de sachets individuels en plastique qui s’envolent et finissent par joncher le sol, le sable, les rizières en production sur-intensive, les rivières et la mer. Leurs habitudes ancestrales de consommation sont totalement déréglées par la modernité de l’Occident, influente et néfaste…

Oui, nous avons fait partie des touristes mais nous espérons avoir effectué des choix raisonnables dans notre consommation et dans notre mode de découverte. Nous avons également fait la connaissance de balinais qui ont pris conscience de la situation dramatique qui concerne la gestion des déchets et du plastique. Parmi eux, l’assocation Trash Hero, des guides qui s’engagent comme Sudi aux cascades de Sekumpul ou bien notre guide de snorkeling à Pemuterran qui ne plonge désormais plus jamais sans un sac pour nettoyer les coraux ou la mer de ses déchets en tout genre.

Bali nous a d’abord choqué. Bali nous a questionné. Nous avons surtout réalisé que Bali est un bijou qui s’abîme. Nous avons décidé d’agir aux côtés des balinais. Puis, nous avons pris le temps d’observer les paysages, en faisant abstraction des déchets et nous avons aimé la gentillesse de ses habitants, avons rencontré d’autres familles et échangé sur nos impressions, nos interrogations.

Ci-dessous avec la famille américaine “Blank Family Adventure“, rencontrée à Ubud

Bali, c’est aussi tout une palette de couleurs, d’odeurs et de senteurs. Des paysages et une douceur de vivre rythmée par les offrandes, les rituels et les processions hindouistes. Notre regard s’est adoucit avec la durée de notre séjour. Nous n’avons pas perdu de vue la situation mais nous avons appris à vivre avec et restons encore sensibilisés même à distance.


2 mois

Nous avons pris notre temps, un temps qui a été nécessaire pour nous permettre de nuancer notre jugement. De plus, Louis et Diane fêtent leurs anniversaires fin février à 3 jours d’intervalle. Nous voulions donc offrir à chacun un anniversaire inoubliable au soleil. Ce fut chose possible sur Bali et notre séjour s’est déroulé du 18 janvier au 15 mars 2019.

Magnifiques ces rizières intensives ? Oui, mais si l’on s’approche, on remarque du plastique dans bon nombre de parcelles. Triste réalité 🙁

Laurène Clouzeau

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2 comments

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  • Assez interloquée par ce récit!!on est tellement dans les clichés sur Bali on en rêve!!et cette description laisse perplexe espérons que les balinais vont ouvrir les yeux et mettre bon ordre à tout ceci peut être que votre regard et vos moments de partage les auront amenés à prendre conscience en tout cas toujours aussi intéressant de suivre votre périple et merci de le partager bises à tous

    • Bonjour Danièle,
      Et oui, nous partageons nos bonnes comme nos moins bonnes impressions. Cela n’engage que nous mais si cela peut faire partie d’une prise de conscience collective, nous aurons participé à notre petite échelle. Encore merci de nous suivre toujours aussi fidèlement, ça fait vraiment chaud au coeur. Des bisous aux loulous