17 août 2020 – 17 février 2021 : Où en sommes-nous ?

Pour rappel, en raison de la pandémie, de la fermetures des frontières, de l’absence de visibilité sur la durée d’obtention des permis de travail et de notre présence depuis 14 mois chez les grands-parents des loulous, nous avons décidé cet été de déménager dans les Vosges afin que Laurène puisse tenter une expérience professionnelle dans une école alternative. Nous avons mis en pause notre projet d’immigration au Canada et en avons expliqué les raisons ici.

Une vie douce

Vacances de Noël

Soyons honnètes, nous sommes séduits depuis 6 mois par ce coin de France que nous connaissions seulement en tant que touristes. Nous habitons une commune tranquille du sud des Vosges, à la frontière avec la Franche-Comté, au pied de moyennes montagnes qui s’offrent à nous à chaque réveil. Nous louons une maison spacieuse et agréable que vous pouvez découvrir ici.

Dans notre région d’adoption, nous avons vécu la fin de l’été, l’automne et l’hiver. À chaque saison, nous avons pu admirer et profiter de la nature luxuriante. Clairement, les couleurs nous ont rappelés celles de l’été indien et la neige qui s’invite depuis plus de 2 mois n’est pas sans rappeler l’hiver au Canada.

Lever de soleil automnal
Construction de cabane en forêt
Premiers flocons en décembre
Première descente en luge
Diane qui a trouvé un grand stalactite

Christophe s’est mis à préparer de délicieuses confitures de quetsches du jardin <3

Confitures maison

Humainement, nous avons sympathisé avec nos voisins, avec les collègues de Laurène qui nous ont chaleureusement accueillis et nous avons sur place nos copains voyageurs Claudia et Benoît. Nous nous sommes rapidement sentis acceptés. Les loulous se sentent bien. Louis, en classe de 4e a mis un peu plus de temps à se sentir à l’aise mais il a fini par trouver ses repères et avoir des copains. Diane, en classe de CM2 s’est rapidement intégrée, a trouvé des copines et s’est sentie à sa place. Bien sûr, les amis de région parisienne leur manquent et dès que nous le pourrons, nous organiserons des retrouvailles.

Juste avant le reconfinement, nous avons pu accueillir des amis à la Toussaint et avons bien profité d’eux.

Moment précieux entre amis

Une expérience professionnelle riche et déroutante

En juillet dernier, Laurène avait donc trouvé un post d’enseignante dans une école alternative. Petit effectif, parents impliqués, dynamique de travail différente, locaux aménagés, formation et matériel Montessori, pédagogie différenciée, motivation à bloc pour relever ce défi : cela s’annonçait prometteur.

Le premier mois fut pour le moins éprouvant ! Beaucoup de premières fois et de nombreux râtés. Gérer un groupe de 14 enfants, âgés de 3 à 9 ans ne lui a jamais paru si complexe. Manque de repères, seule tout en étant aidée des parents qui gèrent différemment, qui parfois ne respectent pas les consignes demandées, critiquent ou au contraire tentent d’aider du mieux qu’ils peuvent. Il y a eu tous les profils, toutes les ambiances de travail, beaucoup d’investissements et de remises en question pour aboutir fin septembre à un premier “craquage“. Heureusement, soutenue et épaulée, j’ai (Laurène) souhaité poursuivre, y croire et ne pas abandonner ! Début octobre, mon binôme de travail, une volontaire recrutée en service civique, est arrivée et nous avons tout de suite accroché : Laurène et Lorène, ça ne pouvait que fonctionner 😉

L’équipe a bénéficié d’une formation Montessori lors des vacances de la Toussaint. Mes collègues et moi étions remotivées, décidées à accompagner le groupe d’enfants selon nos ressentis et expériences professionnelles tout en bienveillance. Nous avons eu de riches échanges et de beaux moments.

Pourtant, l’alchimie n’a pas eu lieu, malgré toute notre bonne volonté et notre dynamisme à toutes. Bien que l’inspection mi-décembre se soit bien passée et que l’inspecteur nous soutienne dans nos choix pédagogiques, il y avait pour moi trop de mal-être et de questionnements professionnels, de déni de certains parents dans la souffrance de leurs enfants, de différences dans les visions de l’éducation et au final un manque de confiance dans mes compétences professionnelles. Ne m’y retrouvant plus, m’épuisant physiquement et moralement, j’ai fait le choix de me préserver et de quitter le projet fin janvier. Je m’en suis d’abord voulu de ne pas avoir été jusqu’au bout, j’ai culpabilisé d’abandonner les enfants et leurs parents. Mais lorsque je me suis rendue compte que la plupart des adultes n’hésitait plus à me critiquer ou à être parfois menaçant pour des prises de positions de l’équipe sur des sujets dont ils n’avaient pas connaissance, j’ai su que j’avais fait le bon choix. Je suis triste mais je me sens mieux. Ma binôme est restée et elle est à présent entourée de deux enseignants qui ont repris le poste. Je souhaite à tous la réussite de ce projet.

Et maintenant ?

Laurène n’a pas de projet professionnel dans l’immédiat. Elle se laisse le temps de digérer cette expérience.

Christophe a signé un CDI en distanciel et a débuté ses fonctions à la maison début janvier. Il fait également des formations pour des élèves d’une école d’ingénieurs et fourmille d’idées comme à son habitude.

Qu’en est-il du Québec ?

Vosges / Québec ?

Notre envie de partir ne nous a pas quitté mais nous devons nous rendre à l’évidence, les économies ont fondu avec l’emménagement et notre vie de sédentaires. Il faut nous remettre à flots…

Christophe est en période d’essai durant 6 mois.

Laurène est toujours en disponibilité de l’éducation nationale jusqu’à début septembre 2021.

Nous avons longuement hésité à refaire nos bagages avec de maigres économies et bousculer à nouveau les repères des loulous… Une discussion téléphonique avec les employeurs de Laurène à Montréal nous a décidé à faire ces choix :

  • Projet Canada : nous faisons les demandes de permis de travail en ligne cette semaine. Lorsque nous aurons reçu les permis, fermé pour Laurène et ouvert pour Christophe, nous aurons 3 ans pour nous rendre à Montréal.
  • Projet France : Christophe attend de voir ce que donne sa période d’essai afin de faire des choix éclairés. Laurène a effectué des demandes de mutation dans les diocèses proches. Nous attendons les listes des postes vacances ou susceptibles de l’être et aviserons.

Pour résumer, nous avons choisi de ne plus subir la pression et les multiples déceptions que nous avons vécues depuis notre retour de voyage. Nous ne renonçons pas au projet Québec mais la situation sanitaire mondiale nous force à être plus raisonnables.

Certains nous ont dit que nous nous entêtions avec ce projet, que nous étions fous. D’autres ont été soulagés que nous nous installions en France et il est vrai que nous avons apprécié fêter Noël dans notre écrin de verdure vosgien.

Réveillon de Noël
En famille au lac de Blanchemer
Descente de 2km en luge avec les cousins

Les loulous et nous sommes avant tout heureux, nous avons suivi un chemin de vie. Nous n’avons à satisfaire personne, nous prendrons les décisions qui nous sembleront les plus adaptées. Nous n’avons réellement AUCUNE idée de ce que nous déciderons. Nous nous laissons porter et aviserons en temps voulu. Nous vous tiendrons au courant, soyez-en sûrs 🙂 On vous embrasse, prenez soin de vous.

Sortie à Riquewihr

Laurène Clouzeau

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2 comments

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  • Toujours un grand plaisir de vous suivre et de voir que vous êtes toujours aussi motivés bien que cette pandémie ait mis vos projets en stand -by .Ce n’est qu’une histoire de temps et vous êtes jeunes et pourrez aller au bout de vos rêves j’en suis sûre.Dommage pour Laurène mais il est des moments où l’épanouissement personnel a son importance et en cette période on en a grandement conscience il est alors inutile de s’obstiner et mettre sa santé physique et mentale en jeu !!mais je suis tranquille les occupations et découvertes vont se multiplier et le temps passera très vite .
    Je vous souhaite à tous le meilleur
    À bientôt pour la suite… très grosses bises à tous
    Daniele

    • Merci Danièle ! Comme toujours, votre optimiste, votre fidélité et votre confiance en nous nous font chaud au coeur. Oui, nous pensons à nous et à notre bien-être, nous avons conscience que nous sommes les seuls maîtres de nos vies.
      Rebondir, nous en sommes certains. Reste à savoir les conditions et l’endroit 😀
      Nous vous embrassons.